La Ferme Des Heyraud

Coincée entre les contreforts de la montagne de Lure et les terrasses calcaires de Forcalquier, en impasse au bout de la D912, après une route communale et un mauvais chemin de terre, la ferme des Heyraud se découvre à flanc de coteaux.

Quelques moutons errent sur des terres pierreuses, des serres éventrées dont le plastique baille au vent, un vieux tracteur qui s’enrouille sur des cales… Tout donne l’impression que le temps s’est arrêté. Des générations de paysans se sont succédées ici, la vie rythmée par l’alternance des saisons et celle du jour et de la nuit. Les rudes hivers alpins et les étés brûlants de la Provence ont sculpté ces visages immuables.

Ne répondant pas aux critères de la politique d’agriculture commune du fait de la petite taille de l’exploitation, la famille ne fait pas le poids face aux agriculteurs subventionnés de la région et ne peut pas acquérir de nouvelles terres.

Isolés, mis à l’écart, les Heyraud font partie de ces ruraux toujours plus nombreux qui se retrouvent en situation précaire et qui pratiquent une économie de survie, inadaptée à la société d’aujourd’hui. Leur exploitation, comme c’est le cas de beaucoup d’autres en France, est vouée à disparaitre.

Pourtant, sous leur apparente dureté, se cache une humanité profonde et des valeurs ancestrales contrastant avec l’individualisme ambiant.